Partager l'article ! Insangerat - Chronique des Stryges II: En avant-première, le début d'Insangerat, la suite de Lemashtu. Il s'agit du ...

En avant-première, le début d'Insangerat, la suite de Lemashtu.
Il s'agit du premier jet, encore imparfait. Le résultat final sera sans doute assez différent.
Je vous offre aussi le morceau de musique qui m'a servi de pare-monde pour écrire ce passage : Ederlezzi interprété par Dikanda.
Attention, il s'agit de musique Tzigane, interprété par des personnes ne possédant peut-être pas de titre de séjour...
De gros nuages anthracite charriés par un vent furieux venaient s’éventrer sur les sommets meurtriers des Carpates. Le soleil qui aurait dû atteindre son zénith semblait avoir quitté le monde pour laisser place à une ombre crépusculaire de mauvais augure.
« Ab imo pectore potius mori quam feodari » murmura Lamia Alamedù Drakul en interrompant sa course quelques secondes le temps d’ajuster sa combinaison de cuir noir sur ses cuisses. Un poids lestait son estomac, une sourde angoisse qu’elle tentait d’ignorer. Elle ne voulait pas que sa sensibilité exacerbée de Nékurata mette en péril sa mission.
Elle se retourna pour s’assurer que les autres membres du commando étaient toujours dans son sillage et esquissa un vague sourire de satisfaction en apercevant la vingtaine de silhouettes spectrales qui furetaient entre les arbres.
Les strigoïs qu’elles avaient sous ses ordres s’en remettaient corps et âmes à ses sens aiguisés pour les guider. Lamia pouvait sentir leur regard perçant glisser sur sa silhouette, scrutant le moindre de ses gestes. Malgré l’obscurité, elle distinguait la clairière loin devant elle et le château de Bran jeter ses contours acérés sur le ciel torturé.
Elle tressa d’un geste rapide sa longue chevelure noire qu’elle fixa à l’aide d’une lanière de cuir puis passa la main sur sa hanche pour sentir la présence rassurante de son poignard. Revigorée, elle se remit à courir sans bruit sur le sol jonché de brindilles.
Arrivée à la clairière, elle s’arrêta de nouveau pour écouter ; le cri d’une chouette dans le lointain, le souffle discret et le rythme cardiaque lent et régulier de ses frères d’armes, un mulot dévalant un tronc d’arbre, et plus loin les gémissements du vent se jetant tel un Kamikaze sur les remparts du Château de Vlad Tepes.
Là-bas, Ogar Procolici, le leader du Sangedrac[1] résistait à l’assaut de centaines de miliciens humains avec seulement une poignée de strigoïs. Lamia et ses acolytes venaient lui porter secours. Sa dévotion envers Ogar, qu’elle n’avait pourtant jamais rencontré, était la clef de la confiance démesurée qui lui était faite. Elle qui n’avait pas encore prêté serment et qui était encore presque une enfant, s’était vue désigner pour diriger la horde qui courrait au secours du grand Cel-Rau[2], comme l’avaient surnommé les humains. Et si elle était inquiète d’endosser une telle responsabilité, elle découvrait non sans une pointe d’excitation intense mêlée de craintes que les légendes concernant Ogar étaient vraies. Elle pouvait sentir la puissance du Belzgoï[3] vibrer dans les ténèbres autour d’elle, menaçante, démoniaque. Elle savait de toute son âme que c’était lui qui était à l’origine de la colère qui assombrissait le ciel en plein jour. Ce constat lui communiqua un sentiment intense de fierté. Un sourire de contentement à l’évocation de la souffrance qu’elle s’apprêtait à infliger aux faibles humains qui menaçaient Ogar se dessina sur son beau visage. Elle leva un bras effilé comme une épée au-dessus de sa tête et esquissa de la main quelques signes dans le langage secret des chevaliers Dragon puis elle se jeta à plat ventre dans les hautes herbes et commença à ramper, sans plus se soucier de savoir si les simples strigoïs qui l’accompagnaient pouvaient égaler son agilité de Nékurata. Elle glissait sur ses genoux et sur ses coudes à même le sol sans effort, aussi vite que si elle avait couru, pour rejoindre celui qu’elle soupçonnait avec de plus en plus de certitude d’être vraiment ce qu’il prétendait : le souverain absolu des Stryges.
Un peu plus loin, elle se redressa d’un bond pour évaluer d’un coup d’œil rapide la situation. Des projecteurs faisaient danser des cercles lumineux au trajet aléatoire sur les remparts et dans les hautes herbes, accrochant les canons des fusils et les silhouettes épaisses des humains tapis autour du Château.
Lamia et ses camarades d’armes comptaient sur l’effet de surprise et sur l’atout majeur que leur conférait leur vision nocturne pour surprendre les miliciens. La jeune Nékurata, bien que ce fut sa première mission à la tête d’un commando, savait qu’il était dangereux de sous-estimer un ennemi. Le peuple strigoï tout entier en avait reçu la preuve irréfutable, quinze ans plus tôt, quand les infâmes moines du bras de la miséricorde et de l’expiation avaient eu raison du Voïvode Vircolac Miazza Nopti Drakul et de son frère. Ce coup d’éclat prouvait à quel point les hommes malgré leur faiblesse constituaient une véritable menace pour la survie du Peuple de la Nuit. Et maintenant, c’était le gouvernement roumain qui s’en prenait à Ogar Procoloci Drakul pour affaiblir encore un peu plus leur peuple. Le meurtre de Vircolac, considéré par les stryges comme une déclaration de guerre, était à l’origine de la création du Sangedrac, la Résistance Identitaire Strigoï. Sans Vircolac, la Walachie tout entière s’était retrouvée orpheline, livrée à elle-même, sans personne pour la guider. Seul un voïvode pouvait prétendre au trône, mais aucun membre de cette caste n’était né depuis plus de 15 ans. L’anarchie régnait au sein du clan et la lutte pour le pouvoir entre les grandes familles faisait désormais des victimes parmi les hauts strigoïs et les membres dignitaires de l’ordre des chevaliers dragon, il fallait impérativement désigner un chef que tous reconnaîtraient et suivraient comme tel. En sentant la qualité étrange de l’atmosphère qui régnait autour du château, Lamia compris à quel point seul Ogar Procolici possédait l’aura nécessaire pour assumer ce rôle et mener à bien la vengeance des Stryges contre les Hommes.
La nékurata fit signe aux membres de son commando qui la rejoignaient un à un de se tenir prêts puis concentra toute son attention sur la danse des faisceaux lumineux des projecteurs. Après quelques minutes d’observation minutieuse, elle donna le signal.
Tous les strigoïs s’élancèrent dans la clairière avec une rapidité stupéfiante, zigzaguant pour éviter la lumière des projecteurs et les hommes tapis dans les hautes herbes. Un clignement de paupières plus tard, ils étaient sous les remparts et le temps d’un battement de cœur, ils jetaient leur corde à l’assaut de la forteresse.
***
Insangerat lâcha la main tremblante et glacée de Dacia après lui avoir adressé un regard qu’il voulait rassurant. Il grimpa en haut d’un monticule rocheux afin de vérifier que leurs poursuivants ne les avaient pas fait dévier de leur route et porta une main en visière au-dessus de ses yeux bleu nuit pour scruter l’horizon. L’orage grondait déjà sur le mont Moldoveanu et le vent soufflait dans leur direction.
« Les nuages grossissent au loin comme un mauvais présage sur nos destinées, mon frère. Le ciel est déjà chargé de notre chagrin et ne tardera pas à pleurer des larmes de sang sur leurs têtes. J’espère seulement que ces trombes sauront nous laver de notre haine. » pensa-t-il, en se hâtant de redescendre. Son sang lui tapait dans les tempes et lui donnait l’impression d’avoir un tambour en guise de crâne. Il savait qu’il aurait dû se saigner voilà plusieurs heures, et qu’il prenait le risque de perdre connaissance en refusant à son corps de le délester de son trop plein. Il devait tenir le coup. Les loups affamés ne manqueraient pas de les repérer s’il se soulageait maintenant. La route avait été longue et difficile depuis Brasov, il aurait été stupide de mettre tous ses efforts en péril si près de Sighisoara.
Il passa son bras autour des frêles épaules de Dacia et la serra dans sa longue cape noire pour la protéger du vent glaciale. Elle le gratifia d’un sourire épuisé en se pressant contre son flanc. Insangerat sentit le ventre rond de la jeune femme buter contre sa hanche. Sa gorge se serra alors que son regard tombait sur les armoiries des Drakul qui ornaient le col de sa cape en cachemire ; le dragon surplombé d’un crucifix. Il réalisa soudain qu’il était seul face à l’adversité pour la première fois de sa vie. Aussi loin qu’il puisse se souvenir, son frère Ogar avait toujours été à ses côtés, buvant son sang et lui apportant confort et protection en retour.
« Je me rends compte aujourd’hui que, sans toi, je ne suis qu’une moitié d’âme, strigoïgaeman[4] . Je devrais avoir peur, craindre pour l’avenir de notre peuple et pourtant l’unique sentiment qui m’étreint s’appelle Solitude. »
***
« Nous partageons la même âme, umanfrate.[5] Nous en aurons bientôt le cœur net. » murmura le Nosférat Ogar Procolici en vidant son dernier calice de sang.
Des pas précipités résonnèrent dans le couloir et Mihaï Vanator déboula dans la chambre du Belzgoï.
- Maistru[6] ! Les hommes sont à cet étage, dans l’escalier Nord.
Ogar tendit le bras d’un geste las pour reposer son calice sur la table de nuit et se redressa péniblement sur son lit. Il se frotta lentement le front du bout des doigts pour calmer les maux de tête lancinants qui menaçaient de lui faire perdre le contrôle de l’illusion que son talent de Belzgoï générait.
- Les renforts seront bientôt là. Calme-toi Mihaï, répondit-il sans lever les yeux sur son caporal.
- Vous devez fuir par le tunnel, Maistru !
- Je ne battrai pas en retraite cette fois, Mihaï.
- Ils sont trop nombreux, et ce n’est pas nos minces renforts qui changeront l’issue du combat. Vous devez fuir pendant qu’il en est encore temps. Maistru !
***
Des hommes égorgés, animés de spasmes, gisaient sur le sol poussiéreux. D’autres, moins sévèrement blessés, erraient hagards au milieu des cadavres. Le sang coulait à flot sous les assauts des couteaux. Les vociférations des humains et les détonations de leurs armes à feu se perdaient parmi les cris stridents des strigoïs à l’attaque.
Le regard de Lamia sautait avec frénésie d’un bout à l’autre du couloir obscur d’où s’élevait l’escalier qui montait vers le dernier étage du château de Bran. Les murs décrépis, tristes et impersonnels, le sol recouvert de linoléum bon marché et décati, le plafond crasseux… un homme blessé adossé à un mur les mains serrés contre son ventre comme pour retenir ses viscères, deux camarades strigoïs couchés sur le corps d’un homme, le vidant de son sang avec des bruits de succions frénétiques.
Une poignée de miliciens s’étaient repliés dans l’escalier Nord de la forteresse et faisaient feu dans leur direction. Mais Lamia, qui était formée dans l’art du combat des chevaliers Dragon, savait que l’énergie honorable qu’ils dépensaient était vaine. Ses camarades se contentaient déjà de petits assauts pour éroder leur détermination et les fatiguer. Ils finiraient par avoir le dessus, c’était inéluctable. Animé par l’énergie du désespoir, un des miliciens vida son chargeur sur un strigoï qui répondit aux impacts de balles par un éclat de rire strident. Du sang noir et épais gicla sur les murs déjà maculés de rouge. L’odeur caractéristique, acre et écœurante du sang de Stryges fit frissonner la Nékurata. Elle s’avança vers son camarade blessé et lui ordonna de se mettre en retrait, il obtempéra avec une grimace de déception. Les hommes profitèrent de ces quelques secondes de répit pour se replier en haut de l’escalier.
- Ils seront bientôt à court de munition, murmura-t-elle à l’attention de sa troupe. Protégeons notre sang, nous attaquerons quand le risque sera réduit au minimum.
Un optimisme qui trahissait l’inexpérience de Lamia et qui fut immédiatement puni par l’irruption d’une dizaine d’hommes dans son dos, prenant toute sa horde à revers.
Elle n’eut pas le temps de s’en inquiéter car ses sens lui communiquèrent une information autrement plus alarmante. Lamia sut qu’Ogar avait quitté sa chambre à la seconde où il posa le pied dans le couloir. Sans le voir, sans l’entendre, elle ressentit sa présence infernale de tout son être. Un frisson de dégoût l’a parcouru alors que des sentiments contradictoires l’assaillaient. Les recommandations des anciens lui revinrent brutalement à l’esprit. Elle les avait ignorées jusque-là pour ne pas avoir à gérer plus de stress que nécessaire mais elle devait les prendre en considération maintenant. Une attaque de Belzgoï était l’une des pires choses au monde. Les salves d’ondes psychiques qu’était capable d’émettre le cerveau du Belzgoï étaient dangereuses pour les humains autant que pour les strigoïs et encore plus pour elle et sa sensibilité exacerbée de Nékurata. Les anciens lui avaient recommandé de rejoindre au plus vite, ce qu’ils appelaient l’œil du cyclone, un refuge d’un rayon d’un mètre autour de la tête du Belzgoï.
- Paré au combat, dit-elle d’une voix forte, malgré l’angoisse qui lui serrait désormais la gorge.
Les strigoïs sous ses ordres se postèrent autour d’elle en un cercle parfait. Lamia se saisit du cadavre d’un milicien étendu à terre, l’installa contre elle et plaça son couteau contre sa gorge de façon à faire croire qu’il était encore en vie, avant de faire volte face.
Cinq hommes déboulèrent en tirant et en hurlant comme des forcenés. Les strigoïs qui se trouvaient devant elle encaissèrent plusieurs balles mais ne bougèrent pas. L’odeur de leur sang la fit trembler de la tête au pied mais elle continua à serrer la dépouille contre elle avec détermination. Elle allait donner l’ordre d’attaquer quand une voix indescriptible emplit l’espace, sinistre comme l’annonce d’une mort imminente.
LA VIOLENCE ENGENDRE LA VIOLENCE ! ENTENDS MA VOIX ET DONNE MOI TA FORCE ! MAIS PAR DESSUS TOUT, PARDONNES-MOI UMANFRATE !
L’air sembla devenir plus épais, glacé, irrespirable. Un silence surnaturel s’abattit sur eux comme un oiseau de proie affamé prêt à leur dévorer le coeur.
Puis le couloir ne fut plus que cauchemar et damnation.
Lamia sentit ses jambes pourtant d’habitude si solides se dérober sous son corps. Une nausée impérieuse la gagna brutalement et elle se mit à claquer des dents. Elle ne pouvait plus bouger, ni penser, comme aspirée dans un gouffre infernal. Elle tomba à genoux, puis à quatre pattes … Des images monstrueuses mêlant tortures et sévices sexuels s’imposèrent à son esprit et elle s’entendit crier à gorge déployée.
Elle perdit connaissance.
Quand elle retrouva en partie ses esprits ses camarades la soutenaient pour qu’elle puisse se tenir debout. Les hommes qui les avaient attaqués quelques minutes plus tôt gisaient dans leurs vomissures et leur urine. L’un d’eux s’était même enfoncé les yeux dans les orbites avec ses propres doigts dans une vaine tentative pour fuir l’enfer.
Une forme fantomatique, vêtue d’une simple chemise de nuit couverte de sang, se tenait debout dans le couloir en face de Lamia.
Pensant être encore sous le coup d’une hallucination, elle ne lui accorda pas tout son intérêt. D’autant qu’elle mit plusieurs minutes pour reprendre pleinement contact avec la réalité.
- Ogar Procolicci Drakul, chevalier Dragon et Belzgoï, nous venons vous porter secours pour que vous sortiez le peuple Strigoï du malheur et de la honte, entendit-elle dire l’un de ses soldats d’une voix étranglée.
La créature qui se tenait devant elle semblait tout droit sortie d’un cauchemar démentiel. Elle était décharnée, hideusement tordue, sa chemise en lambeau laissant deviner une anatomie anguleuse et torturée, sa longue chevelure poivre et sel lui recouvrant le visage tombait lourdement jusqu’à sa taille.
Lamia fut pourtant contrainte d’accepter cette vision comme réelle, en dépit des incohérences manifestes qu’elle présentait. Ogar Procolici était censé n’avoir que 50 ans, un jeune homme pour un nosférat, et pourtant ce qui se tenait debout près d’elle semblait avoir vécu plus d’un millénaire déjà et n’avait aucune des caractéristiques habituelles de sa caste.
- Quel est ton nom strigoï, demanda Ogar d’une voix dure.
- Lugat Nelapsi Drakul.
Lamia voulut parler pour se présenter, mais ne réussit qu’à émettre un croassement pitoyable. Son intervention n’échappa pourtant pas au Belzgoï qui s’approcha d’elle en claudiquant d’une affreuse façon.
- Une Nékurata, c’est une folie ! J’aurai pu te tuer !
Lamia se remit à trembler de tout son corps et sentit les bras qui la soutenaient resserrer leur emprise autour de sa poitrine.
- Tout va bien, gémit-elle.
Le Belzgoï se pencha sur elle. Lamia ne pouvait pas voir son expression en raison de la masse infecte de cheveux qui masquait son visage, mais sa sensibilité de nékurata lui fit percevoir très clairement un accès de mépris. Elle avala sa salive avec difficulté, peinée et vexée d’être aussi sommairement jugée. Elle n’eut néanmoins pas le loisir de se laisser aller à ces sentiments. Ogar recula brutalement et tourna la tête en direction de l’escalier. Lamia perçut elle aussi les vagues de terreur et de rage qu’émettaient les hommes qui montaient au combat.
- D’autres arrivent, murmura-t-elle plus pour elle-même que pour ses frères d’armes.
Elle se dégagea de leurs étreintes, vacilla sur ses longues jambes et se tourna à son tour vers l’escalier. En sentant la peur et la rage des hommes envahir son âme trop poreuse, elle lança un regard épouvanté vers Ogar et comprit ce qui l’effrayait autant. Les hommes ne lui avaient jamais fait peur, le Belzgoï et la perspective d’avoir à essuyer une autre attaque psychique, en revanche, lui glaçaient le sang.
Les soldats déboulèrent de l’escalier en tirant balles et fléchettes. Des détonations fusèrent de toutes parts. Lamia sentit plusieurs projectiles se loger dans son corps. La douleur était supportable. Une sensation de faim se propagea en elle comme un poison. Elle sortit son couteau d’un geste machinal.
- PRENDS SOIN DE TOI, UMANFRATE ! QUE LE SANG DU DRAGON NE QUITTE JAMAIS TON CŒUR VAILLANT ET SI PRECIEUX ! hurla Ogar de sa terrible voix.
Lamia s’effondra en gémissant.
« Par pitié grand Dragon, par pitié, par pitié, par pitié », pensa-t-elle de toutes ses forces alors que des images monstrueuses violaient à nouveau son esprit. Des enfants strigoïs empalés sur des pieux d’acier, des strigoïas éventrées, des hurlements, l’odeur âcre du noble sang, la peur, la puanteur et le goût de la mort….
Lamia se recroquevilla en position fœtale et perdit le contact avec la réalité.